enfant décorant le sapin de Noël

Un Avent comme avant… si différent

Si toute notre déco est la même que l’an dernier, Noël aura un parfum de fête bien différent pour Alice, Soline et moi cette année…

Depuis toute petite, et particulièrement depuis que j’ai fondé une famille, la période de l’Avent me met en joie: pour le symbole universel que Noël représente, pour les décorations et les lumières qui éblouissent les yeux des enfants, pour la recherche de présents qui combleront petits et grands et pour les retrouvailles avec les miens surtout… En raison des évènements qui ont bouleversé notre famille cet été, et de la séparation qui s’en est suivie, j’appréhende différemment cette période festive à présent; car c’est un fait, notre famille n’est plus. Du moins la famille telle que je l’avais rêvée depuis toute petite, sur laquelle je me suis appuyée pendant 14 ans en y fondant des valeurs d’engagement, d’éducation et de stabilité…

Alors bien sûr j’ai toujours mes deux filles auprès de moi, mais je dois faire le deuil de l’homme que j’ai aimé pendant 14 ans, et avec lequel j’ai tant partagé, dans les joies comme dans les peines (et ceux qui connaissent notre histoire savent que nous n’avons pas été épargnés ces dernières années…). Cet homme avec lequel je pensais pouvoir encore vivre de très longues années, cet homme en qui je remettais toute ma confiance et qui n’a pas su tenir ses promesses de mariage… J’ai été trompée. Ou bien me suis-je trompée? Cet été, en raison d’une rencontre fortuite pour laquelle il s’est enflammé, sa vie à lui a basculé, détruisant la famille que nous avions construiteMa famille à moi n’est plus. Je m’estime trahie, et ma douleur et ma déception sont à la mesure de la confiance et de l’amour que je lui portais. Comment survivre à cette immense perte, quand les souvenirs et les messages marketing de Noël me rappellent constamment la chaleur d’un foyer dans lequel je me suis lovée avec les miens pendant toutes ces années?

Sur le chemin de résilience que je trace depuis quatre mois maintenant, j’ai appris à me reconstruire grâce à des petits moments de bonheur simples avec Alice et Soline. On m’a volé mon mari, on a brisé ma famille (ou mon idéal familial; je m’interroge au passage sur cette société où la séparation est banalisée…), mais on ne m’a pas enlevé mes enfants! Mieux, j’ai découvert ô combien elles pouvaient m’offrir en retour la force de vie que je croyais avoir perdue avec le départ de celui que je considérais comme l’homme de ma vie. Après avoir sombré, j’ai décidé de me relever, la tête haute, et de vivre et d’inventer avec elles les petites bonheurs qui ponctueraient notre quotidien à trois, surtout en cette période de fêtes. Bien loin des paillettes de cette société de consommation et de nos choix de vie qui m’ont fait miroiter pendant des années une richesse factice: j’apprends aux filles que la richesse peut se trouver ailleurs que sur notre compte en banque.
Le souci d’économie et le respect de la planète m’animant, j’ai choisi pour ce Noël de recycler, récupérer, bricoler, inventer et même fabriquer certains cadeaux nous-mêmes! Pour le sapin, nous avons remonté celui du garage (tant pis, on se passera de la bonne odeur des aiguilles de pin), quant à la déco, j’ai réutilisé les pochettes du calendrier de l’Avent et les décorations achetées chez Maisons du Monde l’année dernière.

Avent

En décembre dernier, j’avais mis beaucoup de coeur et d’énergie à préparer un article déco dans lequel je vous montrais, pas à pas, les préparatifs de notre réveillon familial du 24 décembre 2017 à Angers. Je l’ai reposté mercredi en une de mon blog pour mes nouvelles lectrices, mais l’incohérence des textes et des images avec mon récent chemin de vie a perturbé quelques un.e.s d’entre vous qui m’en ont fait part… Je m’en excuse. Ne souhaitant pas en rester là, j’ai décidé de publier de nouvelles photos, pour vous montrer que malgré le deuil, notre appartement a retrouvé ses habits de fête.
Notre Avent ne sera jamais plus comme avant, les lumières n’auront plus jamais la même lueur, Alice et Soline demeureront « orphelines de leurs parents ensemble », mais je mettrai un point d’honneur à ce que cette année encore, leurs rires résonnent dans l’escalier, nos pas de danse glissent sur le parquet, et que dans la cuisine flotte l’odeur des cookies et des sablés que nous aurons confectionnés ensemble… Avec cette nouveauté 2018, posé en haut de notre bibliothèque, notre petit village de maisons: celle que l’on n’aura jamais tous les quatre, celle qui me fera toujours rêver, ou celle qui abritera peut-être un jour ma famille recomposée.

Certains d’entre vous m’ont dit que j’étais sur le chemin de la justesse et de la vérité. J’ose les croire. Ce sera certainement notre dernier Noël dans cet appartement, et le premier Noël de ma seconde vie, alors je le chéris, je lui donne toute la symbolique pour nous porter toutes les trois vers la lumière, car le meilleur est à venir n’est-ce pas?
A vous qui me lisez, de près ou de loin, à vous qui vous manifestez (souvent, parfois, rarement), à vous qui cherchez les mots, à vous qui vous taisez aussi… A vous tous, amis ou abonnés, fidèles ou anonymes, curieux ou bienveillants, de passage ou de l’ombre (même de l’ombre): MERCI pour votre présence qui m’accompagne et me fait avancer. Ecrire fait ma force; me savoir lue la décuple.

Je vous souhaite de très belles fêtes bien entourés, et dans le coeur cette étoile de Noël qui ne cessera jamais de briller chaque année…

Marie-Anne

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