L’aventure sénégalaise pour Anouk et Pauline #1: du projet au départ

Il y a un an, ma soeur Pauline nous a annoncé son souhait de faire découvrir l’Afrique à sa fille Anouk…

Pauline est née en 1983, précisément le 23 mars, le jour de mon anniversaire, soit pile quatre années après moi. Et hasard du calendrier, sa fille Anouk est née la veille des 6 ans d’Alice et Soline, le 12 mars. Autant dire que soeurs et cousines sont très liées, et que ni mes filles ni moi-même n’avons jamais fêté en solo un seul de nos anniversaires!

Pour inaugurer la facette « Portrait » de ma rubrique « Histoire de… », et parce que son histoire me touche, j’ai eu l’envie de relater sur mon blog ce projet un peu fou de ma soeur, celui de tout quitter pour partir vivre à l’étranger avec sa petite fille pendant presque une année .

Mais qui est-elle? Parisienne depuis l’âge de 16 ans, Pauline est très impliquée dans la vie de son quartier (11e arrondissement). Tour à tour musicienne, dessinatrice, couturière, chineuse… elle cultive de nombreux talents artistiques qu’elle sait transmettre à sa fille. Franche, battante et aventurière, elle aime voyager avec elle. Quant à Anouk (bientôt 3 ans), c’est une petite fille pétillante, attachante et très bavarde, qui s’impatiente de rentrer à l’école.

Pauline a gentiment accepté de répondre à mes questions à quelques heures de son départ pour le Sénégal…

• Peux-tu vous présenter, Anouk et toi, en quelques mots ?

J’ai 33 ans et une petite fille de 3 ans bientôt qui s’appelle Anouk. Nous vivons à Paris dans une rue très animée du 11ème. Nous y avons construit une vie qui a de la tenue malgré les difficultés qu’il y a à élever seule une petite fille. Tout cela est grandement facilité par le caractère et les qualités d’Anouk, très vivante, extrêmement réceptive et adaptable, très enjouée. Nous avons la chance d’être bien entourées : notre cercle familial et amical donne à notre vie un air de grande famille, grâce au tempérament particulièrement fédérateur d’Anouk (et peut-être aussi du mien).

• Comment est né ton projet de départ au Sénégal? Pourquoi le Sénégal?

Je vois trois raisons à cela.
Tout d’abord, depuis qu’Anouk est petite, nous avons toujours beaucoup bougé (en Grèce et un peu partout en France). Anouk a un tempérament d’exploratrice : avec elle, je me sens comme invitée à repousser mes limites, à aller voir toujours un peu plus loin et à ne jamais m’accommoder de la routine.
Ensuite, j’ai rencontré il y a sept ans, Myriam B., sénégalaise, femme de ménage dans l’un des cafés où j’ai travaillé. Nous avons pris l’habitude, elle quittant son travail et moi prenant le mien, de passer quasiment chaque jour une heure ensemble discutant de tout et de rien, et nouant ainsi une relation presque filiale. Je la tiens pour une deuxième maman. Elle a le don de défaire en deux phrases les nœuds dans lesquels je me prends. Ses réflexions, ses conseils, son expérience de la vie, en un mot sa sagesse me sont très précieux.
Enfin l’africanité et le métissage comptent beaucoup pour moi : mon père a une expérience de l’Afrique (il est né au Maroc NDLR), et quand j’étais petite, j’ai souvent pensé à l’Afrique, ensuite le père d’Anouk est congolais… Bref, qu’Anouk mette un pied sur le continent me semble aller de soi.

• Peux-tu nous parler de tes préparatifs, de l’organisation, des démarches (administratives, médicales, professionnelles…)? Quelles ont été les difficultés? As-tu trouvé du soutien et auprès de qui?

Mes priorités ont été de gérer les questions de santé et de parvenir à sous-louer mon appartement parisien pour pouvoir retourner y vivre.  Conjoindre le quotidien (mon travail et les soins à apporter à Anouk), la préparation du voyage et l’anticipation du retour ont été mes principales difficultés: gymnastique exigeante qui me donne le sentiment d’avoir fait une sorte de scan complet, une révision générale de ma vie. Evidemment, il m’a fallu mettre de l’argent de côté en menant de front deux emplois. Un rythme inhumain que j’ai tenu pendant quatre mois grâce aux cercles dont je parlais plus haut, qui ont ainsi eu l’occasion de confirmer leur solidité et leur force de vie.

• Comment envisages-tu ton séjour là-bas? Des peurs? Des doutes? Des envies? Quels sont tes contacts sur place? Penses-tu communiquer avec tes proches et si oui par quel média?

Il y aura beaucoup à improviser mais j’ai des contacts solides. Chez certains, je sais que nous serons reçues quasi comme des membres de la famille. A l’heure actuelle, je ressens évidemment des peurs et des doutes, liés au stress du départ, et puis les choses ne sont plus seulement à l’état de projet, la phase de réalisation est enclenchée irréversiblement…
Sinon j’envisage de communiquer via Skype, WhatsApp et par mail, mais évidemment tout cela dépendra des conditions locales dans lesquelles nous serons hébergées.

• Comment imagines-tu ton retour en France?

Je souhaite que ce voyage soit pour moi l’occasion de prendre un grand bol d’air et me permette de décider en toute connaissance de cause si je souhaite ou non rentrer à Paris.

Merci Pauline pour ton précieux témoignage, j’imagine combien les dernières heures de préparatifs ont pu être intenses…

Le moment de leur départ est venu, aujourd’hui ce 11 janvier 2017, et je réalise à peine que nous n’allons plus les voir pendant au moins 8 mois. Alice et Soline, elles, imaginent déjà avec tristesse la chasse aux oeufs de Pâques dans le jardin de Palic et Malusia et les bougies à souffler sur les gâteaux d’anniversaires sans leur petite cousine chérie… Ayant pris un billet retour pour la fin du mois d’août, Pauline se laisse la possibilité de rentrer plus tôt si l’aventure ne leur convenait pas, mais elle ne cache pas non plus son souhait de rester sur place si la vie là-bas leur offrait de bonnes surprises. Autant dire que pour nous les proches, c’est le coeur un peu lourd que nous les voyons partir aujourd’hui… Et pour moi, je sais que je perds l’un de mes sujets photos favoris: ma jolie petite métisse.

Mais quoi qu’il en soit, nous leur souhaitons le meilleur. Bon vent les filles! Revenez nous vite!

Et vous, avez-vous déjà tenté une telle aventure avec un enfant? Où connaissez-vous des proches qui sont partis loin?

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